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SPQ-Libre
Les "bons soldats" s’accrochent au Titanic

J’ai lu avec attention le texte de SPQ-Libre dans l’Aut’journal du 18 mars 2010 intitulé « Le SPQ libre, toujours vivant ! ». J’avoue avoir été très déçu de voir la naïveté que pouvaient encore avoir des militants d’expérience comme Marc Laviolette et Pierre Dubuc.

Dans ce texte, nous apprenons que le SPQ-Libre continuera, tel Don Quichotte, sa lutte contre les moulins du PQ. L’annonce du SPQ-Libre se base non pas sur une analyse objective de la situation politique québécoise, mais plutôt sur les illusions que ses dirigeants entretiennent encore. Les dirigeants du SPQ-Libre font trois erreurs fondamentales dans leur analyse.

Le mouton noir

La première erreur des dirigeants du SPQ-Libre est celle d’analyser l’expulsion de leur organisation des rangs du PQ comme une décision uniquement administrative plutôt que politique. Si les partisans de l’abolition du SPQ-Libre avait vraiment comme objectif régulariser les droits des membres du parti en mettant fin aux clubs politiques, pourquoi le faire dans un processus entaché d’irrégularités ? Ils auraient pu attendre le prochain congrès comme les statuts du PQ le prévoit.

À la place, la direction a décidé d’expulser le SPQ-Libre en plein colloque où le PQ affirmait vouloir en réalité baser sa politique économique sur la richesse individuelle plutôt que l’état providence. Il est donc plus crédible de croire que la stratégie du PQ est de séduire l’électorat adéquiste.

En poussant l’analyse, comme il a été fait dans les médias, on comprend que le PQ a reconnu le SPQ-Libre parce que celui-ci permettait d’endiguer la migration des militants péquistes vers l’UFP et Option Citoyenne qui était alors en voie de fusionner pour créer Québec solidaire. Comme le SPQ-Libre a été incapable d’atteindre cet objectif, le PQ a décidé de l’expulser.

Les orphelins haïtiens

Ensuite, les dirigeants du SPQ-Libre agissent avec l’indépendance et la social-démocratie comme les baptistes qui ont enlevé ces 33 enfants haïtiens. Dire que l’indépendance et la social-démocratie sont des orphelins politiques comme le prétend Pierre Dubuc peut être vrai si on limite son analyse au PQ, mais c’est faux si on analyse le contexte politique québécois dans son ensemble.

Depuis maintenant quatre ans, Québec solidaire, avec des moyens modestes, a démontré qu’il était le véhicule politique pour défendre ces deux valeurs. La déclaration de Pierre Dubuc démontre clairement son mépris pour le travail des centaines de militants solidaires qui ont récolté plus de 120 000 votes et fait élire Amir Khadir sur la base de ces deux valeurs.

La conquête des moulins

Finalement, les dirigeants du SPQ-Libre nous démontrent leurs illusions quand ils parlent de leurs « victoires » au sein du PQ. Une des deux victoires énumérées est celle du vote sur la nationalisation des éoliennes lors d’un conseil national. Rappelons-nous que ce vote a été immédiatement renié par André Boisclair, alors chef du PQ. Cette « victoire » du SPQ-Libre n’en est qu’une symbolique puisqu’elle n’a jamais eu d’impact concret, même au sein du PQ.

La croisée des chemins

Les militants de la gauche politique québécoise on le choix entre Québec solidaire qui, bien qu’avec des moyens modestes, permet une rupture réelle avec les idées néo-libérales et amène des idées progessistes sur la place publique ou le SPQ-Libre qui a décidé de se consacrer au lobbyisme à l’intérieur d’un parti qui, depuis 1996 (d’autres diront 1982), fait la promotion des idées néolibérales.

Alors que Québec solidaire est en construction et en constante progression, le SPQ-Libre fait pression sur une direction de parti qui non seulement ne partage pas ses idées, mais est hostile à l’existence même du SPQ-Libre.

Je suis désolé de voir que les dirigeants de SPQ-Libre refusent de voir le cul-de-sac où leur stratégie les mène. Quand ceux-ci disent avoir besoin des militants solidaires pour mener à bien leur stratégie à l’intérieur du PQ, ça démontre bien que la stratégie du SPQ-Libre est non seulement vouée à l’échec, mais est carrément contre-productive pour la gauche politique québécoise.



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