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DOSSIER GAZA
Le Québec soutient-il l’apartheid ?

En septembre dernier, le Québec a signé un accord de partenariat économique avec l’Israël. Cet accord bilatéral, conclu par une délégation menée par le gouvernement du Québec en Israël, a reçu peu d’écho médiatique.

L’accord du Québec avec Israël contraste avec le mouvement international croissant qui appelle au boycott économique d’Israël. En novembre, le président de l’Assemblée Générale des Nations Unies, Miguel d’Escoto Brockmann, a déclaré que « ce qui est en train d’être fait au peuple palestinien me semble être une version de la politique hideuse d’apartheid ». Le président a approuvé la campagne internationale de boycott, de désinvestissement et de sanctions contre le gouvernement israélien, qui est similaire au mouvement contre le régime d’apartheid en Afrique du Sud dans les années 1970 et 1980. Au Québec, les mouvements étudiants et syndicaux soutiennent de plus en plus la campagne internationale de boycott en solidarité avec le peuple palestinien. L’année dernière, l’Association pour une Solidarité Syndicale Étudiante (ASSÉ), représentant plus de 40 000 étudiant-e-s, et la FNEEQ, le plus important syndicat de professeur-e-s de niveau universitaire au Québec représentant plus de 20 000 personnes, ont voté en faveur d’un soutien à la campagne internationale de boycott contre le gouvernement israélien.

Ces résolutions récentes sont une avancée significative dans la campagne internationale de boycott – historiquement le Québec était un point central pour le mouvement contre l’apartheid en Afrique du Sud dans les années 1980 ; le mouvement populaire venant du Québec a mis la pression sur les haut dirigeants canadiens qui ont ensuite poussé pour obtenir des sanctions sur l’Afrique du Sud dans le Commonwealth. En contraste avec la participation croissante dans la campagne internationale de boycott, il y a des sociétés québécoises importantes dans les secteurs militaires et celui des communications qui soutiennent ce récent accord économique avec Israël et qui ont participé à la délégation en Israël cet automne. On y trouve l’entreprise de Montréal CAE, qui a des contrats pour développer des simulateurs de vol militaire pour les États-Unis en Iraq, et la société de communications Neuralitic. Le Ministre du Développement Économique, Raymond Bachand, a déclaré qu’« en signant cet accord complémentaire, Québec réitère son attachement avec Israël et son souhait d’une collaboration plus étroite dans le futur. » Bachand, qui conduisait la récente délégation en Israël, a signé l’accord bilatéral avec le ministre israélien de l’industrie Eliyahu Yishai, un politicien de droite et un ferme partisan de la construction de colonies sur le territoire palestinien, ce qui est en infraction avec le droit international et les résolutions des Nations Unies.

« Vous ne pouvez pas geler la construction à Jérusalem et dans les lieux environnants », a déclaré Yishai, plus tôt en 2008, à une conférence de presse tenue dans une colonie israélienne dans l’Est de Jérusalem occupé. Selon de nombreux observateurs israéliens, palestiniens et internationaux, la construction des colonies rend pratiquement impossible une solution à deux états et reste un des plus grands obstacles à la paix.

De plus, selon le Palestinien Center for Human Rights basé à Gaza, le siège israélien « est en train d’infliger une punition collective sévère sur la population civile entière, en violation totale avec le droit international humanitaire et des droits de l’Homme : les civils endurent des coupures de courant allant jusqu’à 10 heures par jour, ce qui a des conséquences sévère sur chaque aspect de la vie à Gaza ». L’accord économique du Québec avec Israël ne fournit aucune contrainte qui engagerait Israël à respecter la loi internationale concernant la construction des colonies ou le respect des droits humains à l’égard des Palestinien-ne-s. À travers l’accord Québec-Israël récemment signé, le gouvernement libéral de Jean Charest fournit une couverture diplomatique et un soutien économique à Israël sans s’occuper de la réalité de son occupation militaire et de la colonisation des territoires palestiniens.

À travers le Québec, la question concernant l ’accord se pose aujourd’hui : pourquoi est-ce que le gouvernement a signé un accord majeur avec Israël sans consultation publique, à un moment où se renforce une opposition internationale contre l’occupation militaire israélienne en Palestine, et que de nombreuses figures importantes de l’Afrique du Sud, notamment Desmond Tutu, comparent cette occupation à l’apartheid ?

Stefan Christoff

Aussi publié sur http://www.tadamon.ca/ post/2683


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